Les nouvelles de Voyance Suisse - Marion



Un autre temps


Ne sois pas triste. Moi, je suis mort depuis longtemps, Une vie de l'autre siècle. Voler sur l'aigle, voler sur des poussières de ténèbres frémissantes, valses des meilleures saisons. Faudrait pas nous oublier, oublier Je hurlement des loups. Nos âmes s'enroulent les soirs du pire émoi et te regardent dormir. J'aime tes rêves aux regards de jeunesse, aux heures défaites ; immense de vie. Il faudrait supplier la senteur du temps, pour qu'au matin, enfin, tu penses à moi, à mes solitudes. Avec tes frères des temps d'hiver, des temps d'été, passés à me tuer. Passés à ne pas savoir. Jeunes balles ignorantes des agonies indiennes. Grands peuples gisant sur vos pelouses envieuses. Bisons fabuleux dans vos fosses communes. Notre mère, la terre, en lune noire, idée sombre du bonheur pour tous ces merveilleux papillons. Pour ces glorieuses Jierbes, arômes des vents, pour ces saluts d'âme au soleil. Consciences éveillées d'hommes heureux. Et sur les vitres de ce matin inspiré, tu dessines une pluie d'avant, de maintenant,, pour découvrir nos plaines déprimées. Des plaines dans le regret éternel ; des petits indiens perdu à tout jamais. Perdu dans lès réserves des grandes villes aux corps frileux, aux sentiments jamais émus. Définitivement absents. Comme moi. Comme toi. Comme ces enfants baleineaux, qui meurent, vont mourir parce qurun jour Te monde, nous a pour toujours abandonnés.
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